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Boun Khao Phansa

Début juillet à début août (selon la lune)

En ce quinzième jour de la pleine lune du huitième mois du calendrier Bouddhiste, les Laos vont entrer dans une période d’abstinence annuelle de trois mois, que l’on appelle Boun Khao Phansa, entrée en carême bouddhique et qui se termine à la pleine lune du 11ème mois (Ok Phansa).

Durant ce carême, les moines ou qu’ils soient, retournent à leur pagode en observant strictement les règles prescrites par la religion qui, notamment, leur interdit de passer la nuit hors des pagodes. Les bonzes se sont engagés à observer la triple obligation appelée ‘‘ Traisikkha’’ c’est-à-dire :

  • Sin (morale),
  • Samathi (méditation)
  • Phangna (connaissance ).

Le matin du premier jour du carême, toutes les pagodes de l’ensemble du pays organisent la cérémonie de Tak bat (offrandes matinales aux bonzes).

Dès que le son du tambour du temple résonne, les villageois chargés d’offrandes se dirigent vers la pagode, dans le sanctuaire où se rassemblent uniquement les bonzes pour accomplir le rite de khao Phansa.

Commençant la traditionnelle cérémonie du TakBat , les fidèles se mettent en rang pour offrir leurs offrandes aux moines, déposant les offrandes dans des bols placés sur un plateau en fibres végétales tressées, qu’ils apporteront ensuite aux bonzes et aux novices, cette cérémonie s’appelle aussi le Chang Hanh. Puis le chef religieux du village récite les cinq préceptes aux bonzes vénérables et écoute leurs sermons, enfin les fidèles adressent des prières à leurs ancêtres, et font le YatNam qui consiste à faire bénir de l’eau par un bonze avant de la verser, goûte à goûte, sur la terre.

L’eau et la terre sont témoins de la bonne action des pratiquants. Ces offrandes accordent une longue vie à toute personne qui offre ou qui donne d’un coeur serein. Chaque fois, celui qui fait un don demandera au génie de la terre,‘‘ Nang Thôlany’’, d’être témoin de son action. Il lui demandera d’emporter son offrande ou ses bienfaits à des personnes décédées. Et le chef religieux du village demandera au supérieur des bonzes de leur réciter les cinq commandements du Bouddha. Le soir les moines et fidèles participent à la procession aux chandelles, rendant hommage au Bouddha, en faisant trois fois le tour du temple.

Restant à la même pagode pendant toute la durée du carême, les bonzes se consacrent à l’étude des enseignements bouddhiques et observent les règles canoniques et monastiques. La vie religieuse devient intense pour les moines et les fidèles.

Tous les quinze jours, les moines sont tenus d’assister à la cérémonie de Patimokha. Cette cérémonie consiste à énoncer les 277 règles monastiques, et chaque moine fait l’aveu des manquements qu’il a pu commettre à l’encontre de chacune de ces règles.

Les bonzes s’engagent également à respecter trois règles :

  • Sin (morale),
  • Samathi (concentration)
  • Pangna (connaissance).

Les laïcs s’engagent à pratiquer également trois obligations :

  • Thane (charité),
  • Sin (morale)
  • Phavana (méditation).

Les Van Sin (huitième et quinzième jours), les fidèles se rendent à la pagode pour écouter des textes sacrés et accepter les Sin ha (les cinq préceptes du Bouddha) :

  • s’abstenir de tuer ou de maltraiter les êtres vivants,
  • s’abstenir de voler,
  • s’abstenir d’avoir des relations sexuelles illicites,
  • s’abstenir de mentir
  • s’abstenir de boire de l’alcool ou autres produits enivrants.

Quant aux jeunes hommes, ils en profitent pour se faire ordonner moines ou novices. Ainsi de nombreux jeunes rentrent dans les ordres monastiques bouddhiques (car ces trois mois sont des vacances scolaires) qu’ils quitteront s’ils le désirent à la fin du Carême.

Nul ne permet aux bonzes ni aux novices de quitter les ordres (La Sikkha) durant cette période.

Dans les régions rurales, pendant la nuit, les jeunes du village viennent nettoyer les pagodes et ses environs afin de préparer les fêtes organisées à l’occasion du carême. Des compétitions amicales de tambours avec les jeunes des villages voisins sont parfois organisées. Les tambours qui résonnent le plus intensément et le plus longtemps possible sont déclarés vainqueurs. En outre, quelques bonzes choisissent cette occasion pour commencer un jeûne de sept jours, ou moins, selon leur capacité de résistance. Les moines ou novices les soutiennent en leur apportant de l’eau ou du café.

Dans certaines pagodes à Vientiane,et dans d’autres provinces, certaines femmes quittent leur famille pour méditer et sont ensuite toutes vêtues de blanc intronisées nonnes. Elles habitent en face du sanctuaire de la pagode et la construction de leur logement est financée par leurs familles. Les nonnes intronisées durant le carême gardent leurs cheveux alors que les plus anciennes ont le crâne rasé.

Au Laos, on célèbre un nombre important de fêtes traditionnelles.Ces célébrations se déroulent toutes les années de la même manière.

Tiré d’un article de KPN, l’Agence de Presse Lao

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