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Iconographie et statuaire

Les images du Bouddha

Très souvent, les historiens de l’art ont classé les statues du Bouddha laotien selon les styles artistiques définis en Thaïlande. Il est indiscutable que les arts voisins khmers et thaï ont eu une influence certaine sur la sculpture laotienne, mais les artistes lao ont su assimiler ces influences pour créer des images qui, elles, sont bien laotiennes.

Les images du Bouddha laotien, comme toutes celles de l’Asie du sud-est, sont vêtues de l’antaravasaka, enroulé autour des hanches, et de l’uttarasanga drapé en manteau monastique. Le sanghati, long pan plissé sur l’épaule gauche, figure également sur certaines représentations. Les yeux du Bouddha sont baissés, leur blanc est fait d’une lame de nacre ou d’argent, la pupille se dessine ainsi nettement, ce qui donne l’impression d’un regard méditatif. Les cheveux sont traités en petites boucles pointues. Les bras sont longs, les doigts des mains sont toujours égaux ; l’oreille présente un pavillon dont le plan est prolongé par un lobe démesuré, mais qui ne tombe pas verticalement. Les attitudes les plus souvent représentées sont celles assises du type attestant la terre et du type aux deux mains parallèles au corps.

Tous les bouddhas principaux sont assis. L’attitude la plus fréquente est celle du témoignage de la terre, sauf quelques Bouddhas qui posent en méditation dans l’attitude de samadhi (Bouddhas du Vat Nong, du Vat May, du Vat Phone Xay, du Vat Vixun, du Vat Aphay). Il existe aussi de grands Bouddhas parés dans cette attitude.

Les statues du Bouddha debout avec les bras tombant le long du corps sont particulièrement nombreuses à Louang Prabang. On rencontre aussi des représentations du Bouddha mendiant, connu aussi sous le nom "Oum Bat", c’est-à-dire du Bouddha portant à deux mains le bol à aumône.

Les 3 caractéristiques

Selon Bounthieng Siripaphanh, auteur d’une thèse de doctorat sur l’art du Laos, le Bouddha luangprabannais, comme tous les Bouddhas lao, présente trois caractéristiques qui font son originalité par rapport aux Bouddhas siamois, khmers et birmans :

  • L’Usnisa ou protubérance crânienne, souvent traitée en forme de chignon, présente toujours un prolongement en forme de flamme stylisée ;
  • Le Bouddha ne possède pas l’Urna ou signe frontal divin ;
  • Le lobe de son oreille, démesurément allongé et recourbé vers l’extérieur fait suite à un pavillon auriculaire en forme de coquille d’escargot très typique ;

On pourra voir à ce sujet la rubrique sur le Bouddhisme, et notamment les légendes sur la vie de Siddârta, qui deviendra le Bouddha Suprême

Selon les artistes locaux, les images du Bouddha doivent le représenter de la façon la plus idéalisée possible. Le Bouddha lao, gracile, possède la souplesse du modelé de sa poitrine et de ses cuisses, l’étroitesse de ses hanches, l’élégance de son geste, la finesse de ses mains.