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La soie Lao

Faite main à partir de soie sauvage

La soie lao, qui fait partie des soies sauvages, se définit par sa méthode de fabrication exclusivement manuelle et artisanale.

Elle a de ce fait un aspect plus brute, plus naturelle, moins lissée que ses homologues indiennes, européennes et chinoises, ce qui en fait une matière noble, vivante, et majoritairement 100% bio.

De l’artisanat pur, sans machine

Au Laos, on trouve encore la sériciculture organisée de petites unités de production Le dévidage au rouet, la teinture et le filage sont réalisés manuellement, souvent par des femmes, et le tissage très rarement assisté par des métiers semi-mécaniques : la plupart du temps, l’homme ou la femme tisse manuellement 1 mètre par jour pour les motifs les plus simples, et seulement quelques centimètres pour les motifs les plus compliqués.

Au Laos, chacun sa technique

Dans ce pays, chaque famille développe sa propre technique et parfois ses propres motifs de décoration, quoique la plupart soit des reproductions de motifs traditionnels et d’ikats (tissus dont les fils de chaîne sont noués et teints pour former un dessin avant d’être installés sur le métier à tisser) spécifiques à l’ethnie de l’artisan.

Ainsi, chaque région, chaque famille produira une soie particulière, selon sa méthode de dévidage et de moulage, obtenant des soies mates ou brillantes, plus ou moins épaisses et plus ou moins douces. La région de Sam Neua, en bordure de Vietnam est reconnue pour sa soie épaisse et extrêmement solide tandis que nous trouverons plus au sud, dans la région de Xieng Kouang, des soies plus fines, plus légères, et plus douces.

De nombreuses étapes

Tout d’abord, il s’agit de nourrir les vers à soie 4 fois par jour, avec des feuilles fraîches de mûrier blanc. Ces petites bêtes doivent manger sans discontinuité durant 1 mois. A la suite de quoi les vers seront disposés sur des piques "hérissons" entre lesquels ils pourront tisser durant quelques jours leur cocon protecteur.

Lorsque les vers sont en passe de percer le cocon, on les ébouillante puis on procède à l’extraction de la soie par des bains alcalins (décreusage). Les fils seront ensuite bouillis dans de l’eau pure afin d’obtenir la souplesse attendue. Plus l’opération est répétée plus la soie est souple ; et il faudra de la part de la fileuse une grande connaissance des matières premières utilisées.

Il ne faudra pas moins de 5000 cocons pour faire 1 kilo de soie grège, durant un processus qui se déroule sur 8 jours.

Viennent ensuite les étapes de filage (voir vidéo), de teinture (voir détails), puis de tissage, toutes ces étapes étant réalisées manuellement. Pour réaliser une longue étole traditionnelle, il faudra compter souvent plus d’un mois de travail.

Des qualités de soie différentes

Plusieurs qualités de fil sont obtenues : on extraira un fil de texture inégale en employant le cocon en entier (mai sao lueai), un fil de texture plus rêche en employant l’extérieur du cocon (pueak mai) et un fil lisse et fin avec exclusivement l’intérieur du cocon, c’est la soie royale (mai nyot). Ces fils de soie grège sont appelés plis.

A ce stage rentrent en jeu la dextérité et la connaissance de la fileuse qui devra former son fil définitif (celui qui servira au tissage à proprement parler) de 1, 2, 3 ou 4 plis, le pli n°1 donnant la soie la plus fine, la plus souple, la plus résistante et la plus brillante. Selon la pression des doigts au moment du filage, selon la technique de jointure des fils, la soie sortira plus ou moins régulière.

Un artisanat pour les locaux

Le premier marché de la soie Lao est assurément local. Les laotiens ont en effet conservé leurs traditions, et utilisent les pièces de soie (châles, foulards, jupes, étoles etc.) pour les cérémonies traditionnelles bouddhiques, shamaniques ou tout simplement à l’occasion des fêtes de mariages, des représentations officielles, etc.

La sériciculture est souvent pratiquée par les familles pour venir en complément des revenus par ailleurs relativement maigres au Laos. Cela demande beaucoup d’entretien, notamment de nourrir les voraces chenilles quelque 4 fois pas jour en feuilles fraîches. Le kilo de soie (qui demande, on le voit bien, un travail important) se négocie aux environs de 25 dollars au Laos, ce qui permet la confection de pièces de tissus abordables pour les laotiens.



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