Le mariage au Laos

Le mariage débute la veille avec une petite fête entre amis ; un peu à la manière de l’enterrement de la vie de garçon, il est de rigueur de boire plus qu’on ne le peut ! Au Laos, néanmoins, les futurs époux célèbrent cette soirée "d’enterrement" ensemble avec leurs amis respectifs, mais ne peuvent en aucun cas finir la nuit ensemble.

Le matin du mariage, le cortège composé de la famille et d’amis du futur marié, paré du costume traditionnel, parcourt la ville à la recherche de la mariée qui attend sagement à la maison familiale, gardée par les amis et la famille de la promise. L’homme devra faire preuve d’obstination pour rencontrer sa fiancée, qui l’attend pour célébrer le baci en présence des témoins, lesquels se doivent d’assister à la remise de la dot. Puis c’est la beuverie de midi, réunissant les proches. Le repas terminé, chacun repart chez soi, et se prépare pour la soirée qui généralement s’avère très arrosée.

D’abord, il faut savoir que pour tout mariage, au moins 300 invitations sont lancées ; et qu’il n’est pas rare que soient réuni un millier de convives au dîner. On aura donc au bas mot 300 convives le soir. Il s’agit de réunir le plus de gens possible pour s’assurer du bonheur du couple.

La fête se passe à l’extérieur. Comme le veut la tradition, aucun mariage n’est célébré durant la saison des pluies (qui court de juillet à octobre). Des exceptions arrivent, notamment si une tradition est en passe d’être transgressée (si la femme est enceinte et qu’il y a risque que le bébé naisse avant la cérémonie de mariage !).

Normalement, le couple aura bien entendu attendu de nombreuses années pour que leur union soit enfin autorisée par les familles, et jusque là rien ne doit être consommé. L’homme devra réunir une certaine dot allant de 1000 à 5000 dollars selon la naissance, la jeunesse et l’éducation de la femme. Ramenés au salaire moyen de quelques 250 euros par an, on voit ce que "prendre femme" implique généralement comme sacrifice préalable.

Chaque convive, lors de son arrivée, dépose dans une boîte prévue à cet effet, un peu d’argent (quelques dollars). Cela permet, selon la générosité des invités et le karma du jeune couple, d’éponger le coût du mariage.

Les mariés (suivis des deux familles) attendent à l’entrée pour servir un verre de whisky américain (du Johnny Walker Red Label dans 80% des cas !) et saluent les nouveaux venus selon la règle : les mains jointes, et une inclination de la tête, plus marquée chez la femme que chez l’homme.

Ensuite, et bien place à la Beerlao, puis au buffet dînatoire où seront servis des plats plus ou moins nombreux (en général de 3 à 5). Durant ce temps, les mariés se rendront à chacune des tables pour servir personnellement à chacun des invités un verre à vodka de whisky américain (qui représente le luxe, puisque son prix est 10 fois supérieur à celui du whisky lao).

La musique et les longs discours des chanteurs, souvent légèrement enivrés, ne cessent jamais. Les danseurs sont toujours nombreux à se presser sur la piste, que ce soit sur les rythmes traditionnels (qui donnent souvent lieu à des chorégraphies générales) ou sur les rythmes plus contemporains (où on danse de préférence à deux, sexes indifférenciés).

Ces moments sont de purs moments de réjouissance, où on se lâche sans retenue pour rire le plus possible, et apporter ainsi le meilleur karma possible au jeune couple qui ne pourra malheureusement pas dormir sous le même toit ce premier jour… ainsi le veut la tradition !


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