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Les différentes voies du bouddhisme

Le Laos est dans sa très grande majorité bouddhiste (plus de 60% de la population) tendance Theravada ou petit véhicule. Car le Bouddhisme, tout comme le christianisme, cache de nombreux schismes et fractures qui datent de la mort de Bouddha. L’une des principales controverses concerne l’existence intermédiaire : ainsi pour les uns, il s’agit d’une brève vie crépusculaire séparant la mort de la renaissance alors que les autres réfutent cette thèse, les uns pensent qu’on y a émission de voix alors que d’autres pensent que les cinq organes ont cessé de fonctionner...

Il ne s’agit pas ici de citer toutes les écoles et sectes se reconnaissant dans le Bouddhisme. Les quelques lignes qui suivent tiennent juste à montrer que se cachent de nombreuses divergences derrière le mot Bouddhisme, qu’il existe plusieurs courants...

Le Theravada ou Petit Véhicule

Le Theravada, initié par l’empereur Ashoka ("le Pieux", "l’Aimé des Dieux") par la création de l’Ecole des Anciens ou Theravadin, est considérée comme la forme originale du Bouddhisme. La spécificité de ce courant est qu’il ne prend en compte que les premiers écrits Bouddhistes, datant du début de notre ère, pour principes fondamentaux, et non, comme le Mahayana, tous les écrits postérieurs. Le Theravada est très répandue en Asie sud-orientale (on l’appelle d’ailleurs aussi l’Ecole du Sud...) et notamment au Cambodge, Thaïlande, Laos, Birmanie, Sri Lanka.

Au Laos, le Theravada devint le religion des rois dès le 14ème siècle, avec l’avènement au trône de l’empereur Fa Ngum, converti très jeune par les Khmers du Cambodge. Ce n’est qu’au XVIème siècle qu’il fut promu religion d’état par Phothisarat, qui interdit dès lors l’animisme et le culte des esprits.

Au Laos, le culte des esprits est pourtant encore présent dans la vie quotidienne des laotiens. Les "Phi" sont partout, et incarnent l’environnement dans lequel vivent les laotiens, les guident ou les punissent. Le bouddhisme laotien ne réfute pas leur existence, mais exige de ne pas en faire un objet de culte.

Le Mahayana ou Grand Véhicule

Elle représente la branche majeure du Bouddhisme. C’est au début de notre ère que le Grand véhicule fit son apparition et s’érigea en système sous l’impulsion de Nagarjuna. Pour le fondateur de l’Ecole des Madhyamika, ou Voie du Milieu, l’univers entier est "vide" et sans substance.

Un des piliers de l’enseignement tient à l’idée de la Vacuité Universelle et à la bouddhéité latente dans l’homme qui porte en lui le germe de la perfection.

Le Tantrisme

Il est issu du Mahayana, mais son caractère ésotérique et irrationnel le rend difficilement accessible par les occidentaux. Il semble qu’il soit né en Inde au 3ème siècle de notre ère, où d’anciennes croyances magiques sans doute antérieures au Bouddhisme étaient demeurées vivaces.

La grande innovation du tantrisme est d’affirmer que les passions ne sont pas mauvaises en soi et qu’il convient non de les extirper par la force mais de les utiliser et les sublimer ; et de ce fait les transformer en vertus.

Les techniques de méditation sont très originales par rapport aux techniques classiques. Par la créations des mandalas, par les techniques respiratoires du Yoga et les méditations fondées sur le principe de correspondances entre les sons, les couleurs, les syllabes et les formes, le tantrisme a créé une voie appelée Voie du Diamant ou de la Foudre.

Une autre particularité du tantrisme est de redécouvrir la femme que le Bouddhisme (contrairement à l’Hindouisme) avait sinon "évacué" du moins circonscrite dans un rôle mineur. Ici, la femme redevient l’être transcendant et immuable, en qui tout naît, meurt et renaît, force qui travaille, engendre et nourrit spirituellement la création.

Le Zen

Originaire de Chine, cette école bouddhique s’est répandue au Japon au XIIème siècle. Elle privilégie l’enseignement du Maître à l’élève et n’accorde qu’une importance minimum aux écritures et doctrines. L’illumination est censée être favorisée par les techniques de méditation. Certaines écoles (Satori) insistent sur l’importance du Koan (phrase courte qui peut paraître mystérieuse, faisant appel au mental du destinataire afin de le conduire vers un dépassement de son raisonnement intellectuel et le conduire vers l’Eveil), et du choc brutal des claquements des mains et les coups brusques donnés par les maîtres pour aider les disciples à atteindre l’illumination, tandis que d’autres préfèrent la médiation assise dans le calme pour favoriser cette même illumination (Zazen).