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Villages Hmong & Kamou

De nombreux villages Hmong et Kamou entourent la ville de Luang Prabang. Situés à quelques kilomètres de l’ancienne capitale, ils se placent traditionnellement sur les hauteurs environnantes.
Ces dernières années, la tendance dans tout le Laos est de faire redescendre les villages (maisons et habitants) aux abords des routes. La Province de Luang Prabang n’y a pas échappé, on le constatera notamment en allant aux Chutes d’eau de Kuang Xi ; les raisons invoquées touchent à l’éducation, à la santé, à la sécurité, et à l’éradication de l’opium.
Si certains peuvent être visités assez facilement (par touktouk), d’autres ne sont accessibles qu’au mérite d’une marche de quelques heures. Les agences de trekking, nombreuses à Luang Prabang, proposent des balades qui ne nécessitent généralement pas une condition physique particulière.
Les Hmong (Lao Sung) sont certainement un groupe ethnique intéressant tant leur culture ancestrale est conservée et différente de l’ethnie majoritaire (Lao Loum). Les Kamou (Lao Theung, le 3è groupe ethnique) sont quant à eux moins "singuliers" : souvent pauvres, ils sont un groupe intégré mais peu respecté des Lao Loum.
Particularité architecturale des villages Hmong
Le village Hmong respecte des schémas traditionnels de construction bien spécifique à ce groupe ethnique. Les grandes maisons sont posées à même le sol, tandis que les abris à animaux sont élevées sur pilotis de quelques dizaines de centimètres. Elles sont toutes construites dans les matériaux traditionnels trouvés sur place, à savoir le bois, le bambou, et les feuilles de palmier, qu’il faut remplacer régulièrement. La végétation est à peine tolérée dans l’enceinte du village.
Si quelques uns de ces villages sont maintenant dotés d’électricité, il en reste beaucoup qui ne le sont pas. L’eau y est parfois potable, parfois puisée à partir d’un puits, ou à même une rivière qui passe à proximité.
Culture
Ils peuplent les régions élevées à plus de 1000m d’altitude ; c’est là qu’ils vivent paisiblement, de la culture du riz (le riz blanc très collant qu’on utilise en accompagnement de tous les plats laotiens est principalement cultivé par les Lao Loum, tandis que les Hmong cultivent également du riz blanc "normal" et du riz violet), du maïs, de quelques légumes, et de l’élevage d’animaux. Parallèlement, ils cultivent l’opium, en grande partie pour leur consommation personnelle (les vieux et les malades "ont le droit" de fumer).
La culture de l’opium
Le gouvernement cherche depuis des années à les faire redescendre dans la vallée, pour leur éducation, l’hygiène mais aussi pour tenter d’éliminer la culture du pavot sur ces étendues presque impénétrables. Les aides internationales (financières, techniques) pleuvent pour endiguer la culture de la plante qui reste un élément de revenu substantiel dans bien des régions, en même temps
Mais si la lutte contre la production d’opium est louable, les conséquences de cette politique d’éradication ne sont pas toujours positives :
des déplacements de population faits parfois trop rapidement dont les conséquences sont une paupérisation de ces populations dont la moité n’a pas pu encore trouver de cultures de substitution (source : UNODC)
une exposition à de nouvelles maladies (absentes en altitude) qui s’avèrent parfois mortelles (plusieurs centaines de morts par an, selon des ONG)
baisse effectivement importante de la production d’opium, occasionnant une hausse du prix (ce qui n’est pas sans poser un certain nombre de problèmes puisque ce produit est encore utilisé en pharmacopée notamment par les vieux souffrant de différents maux)
Religion
Si la religion bouddhiste est la religion majoritairement partagée, elle est absente de certaines tribus animismes, qui vouent un culte aux ancêtres. Les "pligs" ("Phi en Lao), les esprits de la nature qui errent, sont les manifestations les plus craintes. Ces derniers inspirent une réelle peur auprès des Hmong (et de la totalité des Lao qui, tout en étant bouddhistes, croient en ces forces occultes). Ajoutons que certains Hmong sont chrétiens, convertis par les missionnaires envoyés au siècle dernier.
Ils pratiquent la magie, la sorcellerie, croient à l’enfer, et au principe de réincarnation du karma, dans l’homme comme dans l’animal. Étrange syncrétisme.
Un groupe ethnique important
Il existe plusieurs sous groupes de Hmong, dont la plupart vivent dans les provinces de Luang Prabang et de Sayaboury : les Hmong blancs, rouges, noirs, verts, rayés, à manches galonnés (appelés ainsi rapport à leurs coutumes vestimentaires). Une part non négligeable de ces tribus défend leurs cultures et leurs traditions contre le principe d’intégration soutenu par le gouvernement Lao.
Ils peuvent être considérés comme des ethnies semi-nomades, dans le sens où ils sont obligés régulièrement de changer le village d’emplacement, ayant épuisé les sols rapidement en pratiquant la culture sur brûlis (on brûle les végétaux, le sol s’enrichit grace aux cendres, et on cultive 1 ou 2 ans avant que les sols soient de nouveau pauvres).
Organisés en clans, les Hmong ne pratiquent plus la polygamie (il pouvaient avoir jusqu’à 3 femmes) et maintiennent des structures fortement patriarcales. Les enfants rentrent très jeune dans la population active au champs, tandis que les vieux se retirent dès que leurs enfants sont en âge de les aider.
Les Hmong sont craints (et peu respectés) par les Lao Loum. Ils sont considérés comme d’actifs et infatigables travailleurs ne rechignant pas à la tâche, d’excellents marcheurs, des hommes d’honneur.
Histoire
Aux lendemains de la seconde guerre mondiale, les Hmong se sont rangés majoritairement derrière le roi de Luang Prabang. Associés aux américains, ils se sont battus avec acharnement contre les communistes, croyant pouvoir être remerciés par l’obtention d’un territoire Hmong indépendant. Certains se battraient encore dans certaines régions reculées...
Mon conseil : il existe plusieurs formules pour voir des ethnies aux modes de vie inchangés. Les villages proches de Luang Prabang ont évidemment été bouleversés par la richesse de la petite capitale de province mais restent très traditionnels. La balade à elle seule vaut le coup. On pourra apporter du matériel scolaire, des feutres, des cahiers, des ballons de football ou de kato, à remettre au chef du village ou à défaut à l’instituteur.
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