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Boun Ho Khao Padabdine

fête de la mi-carême, en août

Au 14ème jour de la lune décroissante du 9e mois de leur calendrier, tous les Laotiens célèbrent annuellement la fête de Ho Khao Padabdine, la ‘‘Fête des morts’’. Ce jour là, les fidèles font un don aux morts de leur famille, sous forme de nourriture remise symboliquement à ces derniers par l’intermédiaire des bonzes...

Ho Khao Padapdine veut dire ‘’faire des paquets de riz et les déposer par terre’’.

Selon les préceptes du Bouddha, c’est dans la période du carême que les bouddhistes laotiens doivent s’abstenir de commettre de mauvaises actions ou d’avoir des comportements contraires aux préceptes bouddhiques. Ils appliquent ainsi le Dharma, c’est à dire le respect des cinq commandements du Bouddha, la méditation et l’aumône. C’est aussi le moment où s’achèvent les travaux agricoles effectués pendant la saison des pluies, comme le repiquage du paddy.

Pour fêter la Boun Ho Khao Padabdine , les fidèles de toutes les maisons préparent des offrandes composées de Khao Tomh, Khao Nom Neb (gâteaux préparés avec du riz, Khao en laotien), de fruits et d’autres aliments, pour les offrir aux bonzes. Ces activités religieuses ont pour but de rendre hommage aux défunts et aux esprits.

La veille de la fête, les familles mettent leurs dons dans un récipient en plastique ou sur des plateaux. Une partie des offrandes alimentaires destinées aux ancêtres sont placées dans des réceptacles confectionnés en papier ou avec des feuilles de bananier.

Alors, en cette nuit sans lune, au plus profond de l’obscurité (entre trois et quatre heures du matin), de la nourriture salée, des fruits et des gâteaux, des chiques de bétel et des cigarettes sont mis dans des récipients en feuilles de bananier qui eux-mêmes sont déposés par les fidèles dans la cour des pagodes, au pied des That, ces stupas contenant les cendres des disparus, ou encore au pied des arbres... et là, dans l’obscurité nocturne, les morts sont autorisés à venir recueillir ces libéralités.

Le jour de la fête, dès l’aube, le son des tambours provenant des pagodes se diffuse à travers les rues des villes et des villages. Il annonce le rassemblement des fidèles pour la cérémonie des offrandes à la pagode de leur quartier. Les villageois y apportent leurs présents. A l’entrée, on peut apercevoir certains fidèles faire des offrandes aux victimes de mort violente ainsi qu’aux morts qui n’ont plus de famille pour venir les honorer... Toutes les personnes décédées de mort violente ne peuvent être honorées dans le temple, et dans ce cas, leurs parents et leurs proches doivent les honorer en accrochant les offrandes sur des piquets ou sur la clôture de la pagode...

La croyance bouddhique veut qu’après leur décès, les morts renaissent dans un autre monde (réincarnation), mais tous ne subissent pas le même sort. Si le défunt a eu un bon comportement tout au long de sa vie, il pourra atteindre le Nirvana ; au contraire, s’il a commis beaucoup de péchés, il est condamné à séjourner en enfer où il se réincarnera dans le corps d’un animal pour expier ses fautes.

Les morts qui vont en enfer subiront de nombreuses souffrances et seront privés de nourriture et de vêtement.

Après la mort, le Nirvana et l’enfer sont les lieux où les fidèles sont appelés à renaître. Les bouddhistes laotiens croient également que les morts peuvent revenir de l’enfer, et cela quinze jours par an. Ainsi, du 14e jour de la lune décroissante du 9e mois au 15e jour de la lune croissante du 10e mois du calendrier laotien, (cette année du 20 août au 4 septembre), Chia Nhomphibane, le roi de l’enfer, autorise les suppliciés à revenir dans le monde des humains pour recevoir les offrandes de leur descendance pendant les fêtes de Ho Khao Padabdine et Ho Khao Salak.

Si les morts, de retour sur terre, ne trouvent aucune offrande, ils se lamentent et sont obligés de se contenter des restes des autres, ce qui provoque leur colère et les pousse à lancer des malédictions sur leur descendance irrespectueuse, comme par exemple les priver de la prospérité ou leur rendre la vie difficile.

D’autre part, les fidèles croient également que les offrandes et l’aumône faites aux bonzes permettent à leurs défunts d’éviter ou de diminuer les peines de l’enfer ; les fidèles adressent des prières à leurs ancêtres sans oublier de faire bénir de l’eau par un bonze avant de la verser, goûte à goûte, sur la terre, cérémonie qu’on appelle ‘‘Yat Nam’’. L’eau et la terre sont témoins de la bonne action des pratiquants. Elles accordent longue vie à toute personne qui offre avec le coeur serein. Celui qui fait un don demandera chaque fois au génie de la terre,‘‘ Nang Thôlany’’, d’être témoin de son action. Il la prie d’emporter son offrande ou ses bienfaits à des personnes décédées. Ainsi, en se conformant aux préceptes religieux, les fidèles espèrent-ils se rapprocher du Nirvana.

Au cours de cette fête, à Luang Prabang déclarée faisant partie du patrimoine mondial de l’Unesco, une course de pirogues est organisée chaque année sur la Nam Khane. Tradition propre aux habitants de cette ville de temples qui ont hérité de cette pratique depuis plusieurs générations. La course des pirogues lors de la fête de Ho Khao Padabdine de Luang Prabang est l’une des coutumes ancestrales très appréciées des nombreux touristes, tant laotiens qu’étrangers, en visite dans la capitale religieuse du Laos.

Tiré d’un article de KPL, l’Agence de Presse Lao



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